En choisissant d'exposer les tableaux de Montebello, nous souhaitons, comme nous l'avons fait à plusieurs reprises, mettre en valeur l'oeuvre d'un jeune artiste français qui ne cesse d'approfondir sa recherche artistique et de donner de nouvelles formes à un thème qui lui est cher: Venise et plus particulièrement, dans cette exposition, l'Ile de San Michèle.

C'est avec une profonde humilité et une grande simplicité que Montebello observe jour après jour la lagune et ses reflets, les masses qui s'y dessinent, la lumière, cherchant, comme dans une quête contemplative, les moments où le ciel, l'eau et les masses pourront atteindre par son travail une sorte d'harmonie cosmique.

C'est une idée et des sensations et non un tableau que Montebello conserve dans sa mémoire ou dans l'esquisse rapide qu'il peindra peut-être en se promenant à pied ou en bateau, en fin d'après-midi, les jours où le soleil illumine les monuments et l'eau, où tout, minéral et végétal confondus, baigne dans une lumière glorieuse, se laissant imprégner par les couleurs chaudes qui métamorphosent le marbre, par le rythme des cyprès qui ondulent au gré du vent, par la fraîcheur de l'atmosphère et les reflets brillants qui donnent vie à cet univers de pierre, d'air et d'eau.

Peu à peu, la ligne d'horizon prendra forme, un monde en équilibre entre la terre et l'eau apparaîtra dans un tableau qui, tout en restant naturaliste, reconstruira l'univers. C'est ce monde harmonieux, reflétant à la fois la réalité extérieure et le monde intérieur de l'artiste, un monde où l'air est pur, où l'horizon est libre, un monde à la gloire de la vie, qui deviendra comme un paradis miniature, que l'artiste pourra finalement contempler quand l'oeuvre sera définitivement achevée, comme s'il allait s'asseoir juste au bord du tableau, sur l'eau, observant à nouveau ce lieu dans lequel il a vécu en le transformant par son travail et qu'il a fait sien.

L'Ile de San Michèle semble être ce lieu idéal, avec son mur mystérieux qui délimite l'horizon et laisse apparaître des cyprès pleins de vie qui ont été taillés par l'homme, avec son église et ses maisons aux fenêtres ouvertes sur le monde, un lieu où la vie et la mort se réconcilient, trouvent un équilibre.

Brigitte Maury

Déléguée d'Action culturelle

Ambassade de France

Venise