MONTEBELLO
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Biographie (version française)

 

LIEN ET METAPHORE


 

J’ai commencé à peindre à l’age de 2 ans. A 13 ans j’ai réalisé ma première installation. A 16 ans j’arrive à New York. L’année suivante, je découvre Jackson Pollock et, animé d’un projet artistique, je commence aussitôt à peindre.



J’avais grandi dans une famille hantée par les arts. Mon grand-père Montebello avait travaillé avec Salvador Dali sur un projet d’optique en 3D. Ma tante Marie-Laure de Noailles.avait été mécène du surréalisme. Mon oncle Philippe dirigeait le Metropolitan Museum of Arts. Mon frère Francis a été un peintre expressioniste à New York dans les années 80, et mon oncle Rougemont pratiquait la peinture abstraite en France depuis les années 60.



Donc j’étais dès mon plus jeune âge conscient des aventures artistiques du XXème siècle, et de la direction qu’elles prenaient. Néanmoins j’ai très tôt ressenti un certain malaise face à la scène artistique et aux valeurs esthétiques qui m’entouraient à New Yor dans les années 80. Je comprenais que l’art pop, le minimalisme et l’expressionisme abstrait, malgré l’intérêt qu’ils pouvaient susciter, étaient une echappatoire. Je pressentais qu’après tant de dé-construction le temps était venu de re-construire.



Je sentais que notre monde, d'une part,  avait tout remis en cause,  et d'autre part évoluait vers une complexité technologique et sociale toujours croissante et toujours plus abstraite. D’où le sentiment, chez les êtres humains, de la perte d’un lien profond avec le monde et avec les autres. L’art lui-même, loin d’inverser le processus, semblait souvent le prolonger, en s’en faisant le mirroir complaisant ou critique, tandis que certains artistes préféraient s’évader vers des expériences personnelles incommunicables. J’avais le sentiment que l’art avait abdiqué une de ses missions: réconciler l’homme avec lui-même et le monde.


Je me donnais donc pour objetcif de reconstruire, dans mon art, une part de ce lien perdu.



J’ai attaqué par la théorie. Au lieu d’étudier dans une école des Beaux-arts, j’ai choisi l’université de Harvard, temple de la science et du raisonnement, bien loin des tendances branchées et « cool » de la scène artistique contemporaine. Mon oncle Philippe de Montebello m’a encouragé dans ma décision par ces mots marquants : « Acquiers une

solide éducation générale ainsi que des bonnes bases intellectuelle en histoire de l’art. Un peintre éduqué fera toujours un meilleur peintre qu’un peintre ignorant ».



A Harvard j’ai étudié la peinture et ai obtenu mon diplôme en histoire et théorie de l’art, acquérant une compréhension globale des questions artistiques de notre époque. A travers la théorie et la pratique, j’ai développé la vision intellectuelle nécessaire à mon travail artistique. J’ai poursuivi mon exploration des questions contemporaines à Sciences-Po Paris.



La question était : comment visualiser mon concept ? Comment reconstruire un lien avec le monde ? Comme peintre, j’avais d’abord besoin de décomposer le monde en éléments simples, afin d’affirmer leur simple existence puis de les relier les uns aux autre, comme métaphore de lien et d’unité. J’avais besoin d’un laboratoire pour les constructions de mon esprit.



En 1992, après une réflexion attentive, j’ai choisi Venise. Loin de la réalité ordinaire, Venise était pour moi un monde auto-suffisant où tout trouvait son echo dans dans des reflets presque parfaits. J’ai fait de ce cosmos un terrain de jeu pour reconstruire volumes, espace, couleurs et lumière. Un terrain de jeu abstrait mais réel et observable, où je pouvais réconcilier réalité et géométrie, idées et sensations, et trouver un accord entre les parties. Les anciens Grecs appelaient ceci « harmonia ».



L’historien d’art René Huyghe, ami de mon grand-père maternel, avait compris ma quête lorsqu’il ecrivit en 1994 : "Lumière, couleur et construction plastique se partagent le talent des peintres. Roger de Montebello a su les associer à un degré égal dans sa recherche, dotée de ce fait d'une richesse exceptionnelle."



En bref : une Venise re-construite est la visualisation de mon concept. En reconstruisant ce microcosme j’ai voulu atteindre une harmonie. Pourquoi voulais-je de l’harmonie ? Parce qu’elle nous connecte à notre essence. Pourquoi cette connection est-elle si importante pour nous? Parce que notre monde contemporain déconstruit y a porté atteinte.



En 2000 je suis passé à l’étape suivante : intégrer d’autres éléments dans l’equation. Dans ce but, j’ai choisi comme second laboratoire le monde de la corrida. La corrida parle de mouvement et d’émotions fortes, c’est aussi un monde éloigné des réalités ordinaires. Et pourtant qu’y a-t-il de plus réel que la vie et la mort ? Qu’y a-t-il de plus réel que le combat pour la survie? La corrida est une forme condensée de notre existence. C’est aussi un monde de géometrie abstraite, où les couleurs pures s’inscrivent dans les cercle parfaits de l’arène.



Pendant 10 ans j’ai parcouru l’Espagne de villes en villages, pour peindre les corridas en direct, directement à l’huile. Mon but : sensir et saisir la vérité de la corrida : mouvements, émotions, pathos.



Le résultat de ce travail a été la conception, en 2009 et 2010, des Megachromia, concept qui allie photographie et peinture dans un rapport inversé, qui unit la figuration et l’abstraction et qui maintient un lien fort avec le monde.



Aujourd’hui j’habite à Paris et à Venise, je continue d’aller peindre les corridas en Espagne, et j’explore constamment de nouveaux laboratoires, dont mes sketchbooks se font l’écho.



Montebello, Paris, Novembre 2010





Montebello in Venice, 2010                                                                             photo Valerio Vincenzo


Expositions personnelles:


2011 Galerie Huit, Arles
2010 Bernard Chauchet Contemporary Art, Londres
2010 Artheme Galerie, Paris
2009 Artheme Galerie, Paris
2005 Galeria Estandarte, Madrid
2004 Gallery Holly Snapp, Venise
2004 Galerie Pelar, Newport, New York
2003 Bernard Chauchet Contemporary Art, Londres
2002 Artemis Fine Arts, Paris
1999 W.M. Brady & Co., New York
1996 Alliance Française, Venise
1993 Services Culturels de l'Ambassade de France, New York
1992 79 rue La Boetie, Paris

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